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Prévention du suicide chez les jeunes : repérer et savoir comment agir

10 min de lecture

Quand un jeune va mal, certains changements peuvent inquiéter : il s’isole davantage, ses habitudes changent, il semble perdre de l’intérêt pour ce qu’il aimait ou tient des propos inhabituels sur lui-même, la mort ou le suicide.

Ces changements ne signifient pas nécessairement qu’il a des idées suicidaires. Mais lorsqu’une situation vous inquiète, mieux vaut ouvrir la discussion que rester seul avec un doute.

Et si c’est vous qui traversez une période difficile, vous pouvez demander de l’aide, même si vous ne savez pas exactement comment expliquer ce que vous ressentez.

Besoin d’aide maintenant ?

Vous avez des idées suicidaires ou vous êtes inquiet pour quelqu’un ?

Appelez le 3114, numéro national de prévention du suicide. Des professionnels du soin spécifiquement formés à la prévention du suicide répondent gratuitement, 24h/24 et 7j/7.

Si une personne est en danger immédiat ou si vous craignez un passage à l’acte imminent, appelez le 15 ou le 112.

Dans cet article


Vous êtes directement concerné ?

Vous traversez une période de grande souffrance, pensez souvent à la mort ou avez des idées suicidaires ?

Vous n’avez pas à déterminer seul si ce que vous traversez est « assez grave » pour demander de l’aide.

Vous pouvez commencer par en parler à une personne de confiance, à un professionnel de santé ou contacter directement le 3114.

Vous hésitez à demander de l’aide ?

La peur d’être jugé, que son entourage soit prévenu ou d’être hospitalisé peut rendre le premier pas difficile.

Demander de l’aide ne signifie pas automatiquement être hospitalisé. La réponse dépend de votre situation et de vos besoins.

Les professionnels de santé sont soumis au secret professionnel. La confidentialité et la manière dont votre entourage peut être associé dépendent notamment de votre âge, de votre situation et du niveau d’urgence.

Si vous ne savez pas à qui parler ou ce qui va se passer ensuite, vous pouvez commencer par poser vos questions au 3114. L’appel est confidentiel.


Vous vous inquiétez pour un jeune ?

Vous avez remarqué un changement chez un ami, votre enfant ou un proche ? Certains de ses propos vous inquiètent ?

Vous n’avez pas besoin d’être certain qu’il pense au suicide pour lui en parler.

Quels changements doivent attirer l’attention ?

Il n’existe pas un signe unique permettant de savoir qu’un jeune a des idées suicidaires.

Certains changements peuvent traduire un mal-être ou une détresse psychique. Ils ne sont pas spécifiques d’un risque suicidaire.

Il peut notamment s’agir :

  • d’un repli ou d’un isolement inhabituel ;
  • d’un changement marqué ou brutal de comportement ou d’humeur ;
  • d’un désintérêt inhabituel pour ses activités ;
  • de changements importants dans ses habitudes, notamment son sommeil ;
  • d’une augmentation de la consommation d’alcool ou d’autres substances psychoactives ;
  • de propos exprimant une forte dévalorisation ou un profond désespoir ;
  • de propos autour de la mort ou du suicide.

Aucun de ces changements, pris isolément, ne permet de conclure à la présence d’idées suicidaires.

Chez l’enfant et l’adolescent, la Haute Autorité de santé invite notamment à être attentif à un changement brutal de comportement, à des automutilations, à des consommations fréquentes d’alcool ou de drogues et à des propos suicidaires.

Quand la personne semble soudainement aller mieux

Une amélioration apparente ne suffit pas toujours à conclure que la période de détresse est terminée.

Le programme Papageno souligne qu’une jovialité ou une sérénité inhabituelle peut parfois survenir dans un contexte suicidaire.

Il ne s’agit pas, à lui seul, d’un signe permettant de conclure à des idées suicidaires. Mais lorsqu’un changement soudain paraît inhabituel ou difficile à expliquer, il est important de rester attentif au contexte et aux autres éléments présents.

Un antécédent de tentative de suicide appelle une vigilance particulière

Une tentative de suicide antérieure constitue un facteur de risque majeur de récidive.

Si un jeune a déjà fait une tentative de suicide, le suivi et la continuité des soins sont particulièrement importants, y compris lorsque la crise immédiate semble passée.

La souffrance psychique n’est pas toujours visible

Une personne peut continuer à étudier, travailler, voir ses proches ou donner l’impression que tout va bien tout en traversant des difficultés psychiques importantes.

L’apparence extérieure ne suffit donc pas à savoir ce qu’une personne traverse.

Dépression souriante : quand la souffrance ne se voit pas

Et en cas d’automutilations ?

Les automutilations doivent être prises au sérieux.

Elles ne signifient pas nécessairement qu’une personne a l’intention de se suicider et ne doivent pas être assimilées à une tentative de suicide.

Elles constituent néanmoins un motif pour rechercher une aide professionnelle et explorer la présence éventuelle d’idées suicidaires.

Comment ouvrir la discussion ?

Vous pouvez commencer simplement par ce que vous avez remarqué :

« Je te trouve plus isolé ces derniers temps. Comment tu vas ? »

« J’ai remarqué que tu avais l’air en difficulté en ce moment. Est-ce que tu veux m’en parler ? »

L’objectif n’est pas de poser un diagnostic ni de résoudre immédiatement la situation, mais de permettre à la personne de parler de ce qu’elle traverse.

Peut-on demander directement : « Est-ce que tu penses au suicide ? »

Oui.

Si vous êtes inquiet, vous pouvez demander clairement :

« Est-ce que tu as pensé au suicide ? »

Poser explicitement la question ne provoque pas d’idées suicidaires et n’incite pas au passage à l’acte.

Cela peut au contraire permettre d’aborder une souffrance ou des pensées que la personne n’avait pas exprimées spontanément.

Si elle répond oui, prenez ses propos au sérieux. Écoutez ce qu’elle souhaite exprimer, sans jugement ni banalisation.

Vous pouvez lui dire simplement :

« Merci de m’en parler. »

« Je vois que tu traverses quelque chose de très difficile. »

« On va chercher de l’aide. »

Et s’il ne veut pas parler ?

Une première tentative de discussion ne débouche pas toujours sur une confidence.

Évitez de forcer la personne à parler. Vous pouvez lui redire que vous êtes disponible, que votre inquiétude reste présente et qu’elle pourra revenir vers vous.

Un refus de parler ne signifie pas que vous avez mal fait les choses.

Si la situation continue de vous inquiéter, vous pouvez vous-même demander conseil au 3114, même si la personne concernée ne souhaite pas appeler.

Vous n’avez pas à évaluer seul la situation

La présence d’idées suicidaires ne signifie pas nécessairement qu’une tentative de suicide est imminente. Elle doit néanmoins toujours être prise au sérieux.

L’évaluation de l’urgence suicidaire relève de professionnels formés.

Pour un ami, un parent ou un proche, l’objectif n’est donc pas de déterminer seul un « niveau de risque », mais d’écouter, de chercher de l’aide et de passer le relais.

Vous pouvez appeler le 3114 avec la personne ou appeler vous-même pour demander conseil.

Si la personne est en danger immédiat ou si vous craignez un passage à l’acte imminent, appelez le 15 ou le 112.

Vous accompagnez un proche ? Pensez aussi à vous

S’inquiéter pour un proche, l’accompagner dans une période de crise ou après une tentative peut être éprouvant.

Vous n’avez pas à porter seul cette situation.

Parler à un professionnel, demander conseil ou chercher du soutien pour vous-même n’enlève rien à l’aide que vous apportez à votre proche.

Le 3114 peut également être contacté par l’entourage d’une personne en souffrance.

UNAFAM / Écoute-famille


Après une tentative ou une crise : le suivi continue

La prévention ne s’arrête pas lorsque la crise immédiate est passée.

Après une tentative de suicide, le risque de récidive reste particulièrement important, notamment dans les mois qui suivent. La continuité du suivi et le maintien du contact avec les professionnels de santé sont donc essentiels.

VigilanS : maintenir le contact après une tentative de suicide

VigilanS est un dispositif national de veille et de recontact destiné aux personnes ayant été hospitalisées après une tentative de suicide.

Il organise le maintien du contact avec la personne après sa sortie et s’articule avec les professionnels qui assurent son suivi.

L’inclusion dans VigilanS peut être proposée à la sortie de l’hôpital aux personnes concernées.

En savoir plus sur VigilanS


Trois questions à une professionnelle de Prépsy

Comment repérer une souffrance qui ne se voit pas forcément ? Comment réagir sans minimiser ? Comment les professionnels se coordonnent-ils face à une situation préoccupante ?

Raoudha, aide-soignante à Prépsy, partage des repères pour mieux comprendre comment réagir.

Voir la vidéo « Comment agir face au risque suicidaire ? » sur YouTube

Les trois repères à retenir

Repérer sans chercher une certitude

Certains changements peuvent attirer l’attention, mais la souffrance psychique n’est pas toujours visible.

Oser parler sans minimiser

Partir de ce que l’on observe, écouter et poser directement la question du suicide lorsqu’on est inquiet peut aider à ouvrir le dialogue.

Passer le relais et coordonner

L’entourage n’a pas à évaluer seul la situation. Les professionnels peuvent organiser l’évaluation, l’orientation et la continuité du suivi en fonction des besoins du jeune.


Trouver une aide adaptée

Il n’est pas toujours évident de savoir à qui s’adresser.

Selon l’âge, la situation et les besoins, le premier contact peut être un médecin généraliste, un professionnel de santé scolaire ou universitaire ou un professionnel de santé mentale.

Des dispositifs comme les Maisons des adolescents ou les Centres médico-psychologiques (CMP) peuvent également accompagner les jeunes selon leur âge et leur situation.

Vous ne savez pas par où commencer ?

Sam’IA, le chatbot d’orientation de Prépsy, peut vous aider à identifier des ressources correspondant à votre situation.

Vous cherchez une structure ?

La cartographie Prépsy permet de rechercher des structures et dispositifs de santé mentale à proximité.

Vous cherchez un numéro ou une ressource d’aide ?

Retrouvez les principaux dispositifs sur la page SOS de Prépsy.


À retenir

Si vous n’allez pas bien

Vous pouvez demander de l’aide, même si vous ne savez pas exactement comment expliquer ce que vous traversez.

Si vous avez des idées suicidaires, vous pouvez appeler le 3114, gratuitement, 24h/24 et 7j/7.

Si vous vous inquiétez pour quelqu’un

  • Repérez ce qui a changé, sans chercher à poser un diagnostic.
  • Parlez de ce que vous avez remarqué et demandez directement si la personne pense au suicide lorsque vous êtes inquiet.
  • Écoutez sans juger ni minimiser.
  • Passez le relais : vous n’avez pas à évaluer ou gérer seul la situation.

Après une tentative de suicide

La vigilance et l’accompagnement ne s’arrêtent pas lorsque la crise immédiate est passée.

La continuité du suivi est particulièrement importante dans les mois qui suivent. Des dispositifs de recontact comme VigilanS peuvent participer à ce suivi après une hospitalisation.

Si vous accompagnez un proche

Vous pouvez vous aussi demander conseil et chercher du soutien.

Accompagner quelqu’un ne signifie pas devoir porter seul la situation.


Pour aller plus loin

Programme Papageno

Le programme Papageno propose des ressources consacrées à la prévention du suicide et à la manière d’en parler de façon responsable.

Découvrir le programme Papageno


Besoin d’aide ?

Vous avez des idées suicidaires ou vous êtes inquiet pour quelqu’un ?

3114 — Numéro national de prévention du suicide

Gratuit · 24h/24 · 7j/7

Danger immédiat ou crainte d’un passage à l’acte imminent :

15 — SAMU

112 — Numéro d’urgence européen


Sources

Repérage, dialogue et évaluation

Haute Autorité de santé (HAS) — Idées et conduites suicidaires chez l’enfant et l’adolescent : prévention, repérage, évaluation et prise en charge.

Haute Autorité de santé (HAS) — Idées suicidaires chez l’enfant et l’adolescent : repérer, évaluer et orienter la prise en charge.

Prévention du suicide et conduite à tenir

3114 — Numéro national de prévention du suicide — ressources consacrées au repérage de la détresse, au dialogue, à l’accompagnement de l’entourage et à l’orientation.

Après une tentative de suicide

Ministère chargé de la Santé — stratégie nationale de prévention du suicide et dispositif de recontact VigilanS.

Apparente amélioration et communication responsable

Programme Papageno — ressources consacrées aux idées reçues sur le suicide, aux manifestations possibles d’une crise suicidaire et à la manière de parler du suicide de façon responsable.


En cas d'urgence

Voici les numéros à appeler immédiatement si vous ou un proche êtes en situation d’urgence psychiatrique.

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