Notre santé mentale n’est pas figée. Elle évolue avec nous, au fil de ce que nous vivons, de nos relations et de notre environnement.
Une séparation, un deuil, des difficultés dans les études ou au travail peuvent nous fragiliser. À d’autres moments, le soutien des proches, une situation plus stable ou le fait de pouvoir demander de l’aide nous permettent de mieux faire face.
Il n’existe donc pas une seule cause qui expliquerait pourquoi nous allons bien ou moins bien. Notre santé mentale dépend plutôt d’un ensemble de facteurs qui se croisent et évoluent au cours de la vie.
Comprendre ces facteurs permet de mieux repérer ce qui peut nous fragiliser, mais aussi les ressources sur lesquelles nous pouvons nous appuyer.
La santé mentale évolue au cours de la vie
Être en bonne santé mentale ne signifie pas aller bien en permanence. Nous pouvons traverser des périodes de stress, de tristesse ou de doute sans pour autant développer un trouble psychique.
Notre équilibre peut cependant devenir plus fragile lorsque les difficultés durent ou s’accumulent.
Une situation que l’on arrivait à gérer jusque-là peut, par exemple, devenir plus lourde lorsqu’un autre problème vient s’ajouter. À l’inverse, certaines ressources peuvent nous aider à traverser une période difficile.
Nous ne réagissons pas non plus tous de la même manière face à un même événement. Notre histoire, notre environnement et les ressources dont nous disposons jouent un rôle dans la façon dont nous le vivons.
Ce qui peut nous fragiliser ou nous protéger
Certains facteurs sont liés à notre parcours personnel. D’autres dépendent davantage de l’environnement dans lequel nous vivons.
Notre histoire et les événements de vie
Rencontres, séparations, deuils, conflits, déménagements, changements familiaux ou professionnels… Certains événements peuvent bouleverser notre équilibre, parfois pendant plusieurs semaines ou plusieurs mois.
Cela ne signifie pas qu’ils conduisent forcément à un trouble psychique. Leur impact dépend de leur intensité, de leur durée, mais aussi de ce que nous traversons au même moment.
Une rupture vécue alors que le reste de notre quotidien est stable n’aura pas nécessairement le même impact qu’une rupture accompagnée de difficultés financières, de problèmes de sommeil et d’un isolement progressif.
L’estime de soi et la manière de faire face
La façon dont nous nous percevons peut aussi jouer un rôle. Lorsque l’estime de soi est fragilisée, certaines difficultés peuvent prendre davantage de place : peur de l’échec, sentiment de ne pas être à la hauteur, tendance à s’isoler ou difficulté à demander de l’aide.
Notre manière de réagir au stress et aux émotions compte également.
Mettre des mots sur ce que l’on ressent, reconnaître qu’une situation devient difficile ou savoir vers qui se tourner sont des ressources qui peuvent se développer avec le temps.
Les facteurs biologiques et génétiques
Notre santé mentale comporte aussi une dimension biologique.
Certaines personnes présentent une vulnérabilité plus importante à certains troubles psychiques, notamment en raison de facteurs génétiques.
Mais avoir une prédisposition ne signifie pas qu’un trouble apparaîtra. Les facteurs biologiques interagissent avec notre environnement et notre parcours de vie. Aucun élément ne permet, à lui seul, de prédire l’évolution de la santé mentale d’une personne.
Notre environnement compte beaucoup
Parler de santé mentale uniquement sous l’angle individuel serait incomplet.
Nos conditions de vie ont elles aussi un impact : logement, revenus, études, travail, sécurité, relations sociales ou accès aux ressources.
Une situation de précarité qui dure peut, par exemple, générer un stress important. Des conditions de travail difficiles, du harcèlement ou des conflits répétés peuvent également peser sur l’équilibre psychique.
À l’école ou au travail, le phénomène fonctionne aussi dans l’autre sens. Se sentir intégré, reconnu et soutenu peut contribuer au bien-être et donner des points de repère.
Le rôle des proches et des relations sociales
Pouvoir parler à quelqu’un lorsque ça ne va pas est une ressource importante.
Il ne s’agit pas forcément d’avoir un cercle social très large. Une ou plusieurs relations dans lesquelles on se sent écouté et en confiance peuvent déjà compter.
À l’inverse, un isolement qui s’installe ou un retrait inhabituel peuvent parfois accompagner une période de souffrance psychique.
Discriminations et stigmatisation
Certaines difficultés ne dépendent pas des choix de la personne.
Les discriminations, le rejet ou la stigmatisation peuvent avoir des conséquences sur la santé mentale. Elles peuvent notamment être liées à l’origine, la culture, la religion, le genre, l’orientation sexuelle, au handicap ou à la situation sociale.
C’est pourquoi prendre soin de sa santé mentale ne peut pas se résumer à « faire des efforts » ou à adopter de bonnes habitudes. L’environnement dans lequel nous vivons compte lui aussi.
C’est souvent l’accumulation qui fragilise
Il est parfois difficile d’identifier un événement précis pour expliquer pourquoi nous nous sentons moins bien.
Et pour cause : les difficultés peuvent s’additionner progressivement.
On dort moins bien. Les études deviennent plus compliquées. On commence à décliner certaines sorties. Les échanges avec les proches deviennent moins fréquents. Pris séparément, chacun de ces changements peut sembler anodin. Ensemble, ils peuvent signaler qu’un équilibre est en train de se fragiliser.
Heureusement, l’accumulation fonctionne aussi dans l’autre sens.
Être entouré, conserver des activités qui comptent, retrouver un rythme plus stable ou pouvoir demander de l’aide sont autant de points d’appui.
Quels changements doivent attirer notre attention ?
Notre humeur, notre motivation ou notre sommeil varient naturellement. Une mauvaise semaine n’est pas nécessairement le signe d’un trouble psychique.
En revanche, certains changements méritent davantage d’attention lorsqu’ils durent, deviennent plus intenses ou commencent à modifier le quotidien :
- un sommeil durablement perturbé ;
- un repli inhabituel ou un isolement croissant ;
- une perte importante de motivation ou de plaisir ;
- des difficultés nouvelles dans les études ou au travail ;
- une anxiété qui prend de plus en plus de place ;
- des changements inhabituels dans les comportements ou les relations.
Ces signes ne permettent pas de poser soi-même un diagnostic. Ils peuvent simplement indiquer qu’il serait utile de s’arrêter sur ce qui se passe.
Le sommeil est d’ailleurs souvent un bon indicateur de notre équilibre général.
→ À lire aussi : [Sommeil et santé mentale]
Une perte durable d’intérêt ou de plaisir peut également mériter une attention particulière.
→ À découvrir : [L’anhédonie : comprendre la perte de plaisir]
Pourquoi agir tôt ?
Il n’est pas nécessaire d’attendre d’aller très mal pour parler de ce que l’on traverse.
Lorsqu’un changement persiste ou commence à avoir des conséquences sur les études, le travail, les relations ou le quotidien, en parler permet déjà de prendre du recul sur la situation.
Chez les adolescents et les jeunes adultes, certains changements peuvent parfois faire partie des premiers signes d’un trouble psychique émergent. Les repérer ne signifie pas poser un diagnostic. Cela permet surtout de ne pas laisser une situation préoccupante s’installer sans accompagnement.
→ À lire : [Identifier et réagir aux signes de trouble psychique émergent]
C’est aussi le principe de l’intervention précoce : lorsqu’un trouble commence à émerger, réduire autant que possible le délai avant l’évaluation et l’accès à un accompagnement adapté.
→ Comprendre : [Les objectifs et le plan d’action de l’intervention précoce]
Vers qui se tourner ?
Demander de l’aide peut commencer très simplement : parler à une personne de confiance, à son médecin traitant ou à un professionnel de santé mentale.
Il ne s’agit pas de savoir soi-même ce que l’on a avant de consulter. Décrire ce qui a changé, depuis combien de temps et les conséquences sur le quotidien constitue déjà un point de départ.
Prépsy propose également des outils pour mieux comprendre certaines difficultés et trouver les ressources adaptées à sa situation.
À retenir
Notre santé mentale dépend de nombreux facteurs. Certains sont personnels, d’autres familiaux, sociaux ou environnementaux.
Aucun ne détermine à lui seul notre santé mentale.
Ce qui compte, c’est leur interaction au fil du temps. Des difficultés peuvent s’accumuler et fragiliser progressivement notre équilibre. Mais nous disposons aussi de facteurs de protection : nos proches, nos activités, certaines ressources personnelles et la possibilité d’accéder à de l’aide.
Être attentif aux changements permet surtout de ne pas attendre qu’une difficulté prenne toute la place avant d’en parler.
Sources
Organisation mondiale de la Santé (OMS) – Santé mentale : renforcer notre action.
Santé publique France – Santé mentale : comprendre les déterminants pour agir, La Santé en action, n° 471.
Ministère chargé de la Santé – Les déterminants de la santé mentale.